Article

Le pape dénonce « l’enfer » vécu par les migrants en Libye

Sept ans après son voyage sur l’île méditerranéenne de Lampedusa, le pape François a, une nouvelle fois, critiqué la « mondialisation de l’indifférence » autour du sort des migrants, dénonçant la « version distillée » donnée de la situation actuelle en Libye.

Nicolas Senèze, à Rome, La Croix, le 8 juillet 2020 

Le pape François a vertement critiqué, mardi 8 juillet, la « version distillée » de la situation actuelle en Libye, dénonçant une « mauvaise guerre » et « l’enfer » vécu par les migrants dans les « camps de détention », reprenant le mot allemand « lager » par lequel il en avait déjà parlé comme des « camps de concentration ».

Célébrant, dans la chapelle de la résidence Sainte-Marthe, la messe à l’occasion des 7 ans de son voyage historique sur l’île méditerranéenne de Lampedusa, François a, une nouvelle fois et en reprenant les mêmes mots, mis en garde contre « la culture du bien-être » qui rend les Occidentaux « insensibles aux cris des autres » et porte « à la mondialisation de l’indifférence ».

Contre cette attitude, le pape a, au contraire, invité à « la rencontre personnelle avec Jésus-Christ » qu’il a invité à « reconnaître dans le visage des pauvres, des malades, des abandonnés et des étrangers que Dieu met sur notre chemin ».

« Chaque fois que vous l’avez fait »

« La rencontre avec l’autre est aussi une rencontre avec le Christ », a-t-il rappelé, reprenant la citation de l’Évangile « Chaque fois que vous l’avez fait… c’est à moi que vous l’avez fait ».

« “Chaque fois que vous l’avez fait…” de bien ou de mal ! », a répété le pape, soulignant la « brûlante actualité » de ces mots à la petite assemblée rassemblée dans la chapelle, composée essentiellement du personnel de la section pour les migrants et réfugiés du Dicastère pour le développement humain intégral.

Sept ans après le voyage de François à Lampedusa, la situation ne semble pas avoir véritablement évolué, alors que le navire humanitaire Ocean Viking, après avoir été longtemps refoulé par les autorités, a pu débarquer, mardi, les 180 migrants qu’il avait sauvés en Méditerranée.

Les migrants n’ont « comme seul espoir que de traverser la mer »

« Chaque fois que vous l’avez fait… c’est à moi que vous l’avez fait », a martelé le pape, disant explicitement penser « à la Libye, aux camps de détentions, aux abus et aux violences dont sont victimes les migrants, aux voyages d’espérance, aux sauvetages et aux refoulements ».

Dans une longue improvisation, le pape a alors raconté comment, lors de son voyage à Lampedusa, une fille d’Éthiopien lui avait fait remarquer qu’un traducteur ne lui avait donné, le matin, « à peine le quart des tortures et des souffrances » que les migrants lui avaient racontées le matin même.

 « On m’avait donné la version “distillée” », a-t-il relevé, avant, donc, de critiquer la « version distillée » de l’actuelle guerre en Libye, soulignant que les migrants qui y sont rassemblés dans les camps n’ont « comme seul espoir que de traverser la mer ».

Pas de commentaire possible.

Agenda
30 octobre 2020
3 novembre 2020

  • Collecte "papiers" GDE Equipe Hennebont
    3 novembre 2020 -- 9 h 00 min - 11 h 00 min
    Voir plus de détails

Abonnez-vous pour être informé chaque semaine des nouveaux articles de ce site

IMPORTANT : vous devrez CONFIRMER votre abonnement via l'e-mail qui vous parviendra rapidement. Pour en savoir plus sur vos données personnelles lire notre politique de confidentialité.