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Des groupes catholiques réfléchissent à l’après-pandémie

Alors que s’ouvre un vaste chantier d’analyses et de prospectives en vue de construire le « monde d’après », des catholiques de profils et de compétences divers cherchent à inventer des plateformes pour réfléchir ensemble et faire cause commune.

La Croix, Claire Lesegretain, le 03/06/2020

Comment apporter sa pierre à l’édifice pour reconstruire le « monde d’après » ? Cette question, bon nombre de chrétiens engagés se la posent, souhaitant contribuer aux réflexions qui commencent pour renouveler en profondeur les structures et les schémas qui gouvernent l’économie, la finance, l’industrie, la politique, l’hôpital ou la recherche scientifique.

 « Une société à reconstruire, engageons-nous ! » sera justement le thème des Semaines sociales de France (SSF), du 27 au 29 novembre prochain, autour de huit thématiques (logement, éducation, travail, santé, démocratie…), en vue de faire « des propositions institutionnelles, adressées aux dirigeants, et personnelles afin que chacun se sente concerné », explique Dominique Quinio, présidente des SSF. Choisi bien avant le début de la pandémie, ce thème « se trouve désormais éclairé d’une autre manière », poursuit-elle, en rappelant que les SSF recensent sur son site un certain nombre de propositions de réflexion, en lien avec ses habituels partenaires du catholicisme social et plusieurs diocèses.

Questions spirituelles et choix de société

Certes, rappelle le père Frédéric Louzeau, directeur du Pôle de recherche du Collège des Bernardins à Paris, « l’Église catholique n’a pas vocation à organiser la société car la Révélation divine ne consiste pas à donner aux hommes les clés de leur organisation ». Toutefois, insiste Michel de Virville, directeur honoraire du Collège des Bernardins, « ceux qui réfléchissent à l’intelligence de la Parole de Dieu devraient pouvoir montrer comment sont engagées des questions spirituelles dans les choix de société ».

Ainsi, le Pôle de recherche des Bernardins invite ses partenaires à faire un « examen de conscience » portant sur le passé – « Quelles sont les causes profondes des symptômes observés ?-, sur le présent – Que faire aujourd’hui pour guérir les erreurs du passé et fonder un monde plus juste ? Quelles options fondamentales et directions prioritaires doit-on prendre dès maintenant ? – et sur l’avenir – Quelles sont les lignes d’orientation et d’action dans lesquelles une espérance raisonnable peut s’incarner et se partager ? ».

Autant de questions que se posent les Entrepreneurs et dirigeants chrétiens (EDC), en vue de réunir une plateforme avec d’autres réseaux d’entrepreneurs pour travailler sur l’économie de demain. En cette période de mutation, il y a urgence, estime Philippe Royer, président des EDC, à ce que « les civils, notamment les entrepreneurs qui ont l’habitude de traiter les incertitudes, s’engagent pour ne pas laisser les institutions revenir au monde d’avant ».

Être acteur dans ce contexte, suppose, selon Philippe Royer, d’« intégrer trois axes : celui du bien commun », en tenant compte de l’inclusion des plus fragiles et du respect de la planète ; celui de « la subsidiarité locale », pour renforcer la décentralisation et le pragmatisme ; et « celui de l’émerveillement » en visant l’amélioration du monde.

Dans les corps intermédiaires

Pour Jérôme Vignon, ancien président des Semaines sociales de France, de tels regroupements entre acteurs chrétiens sont d’autant plus indispensables que dans les mois à venir « les chrétiens dans les corps intermédiaires devront être facteur de solidarité sur les orientations politiques des budgets publics et sur le rôle des collectivités territoriales, afin de permettre une plus grande attention à ceux qui souffrent ».

Conscient de cette urgente nécessité à faire cause commune pour le monde d’après, le CCFD-Terre solidaire a récemment publié une tribune (1) pour rappeler sept grandes valeurs tirées de l’Évangile, de la doctrine sociale de l’Église et de Laudato Si’. Avec la trentaine de mouvements et de services catholiques qui lui sont associés, le CCFD va décliner ces sept valeurs pendant les deux mois à venir, « en se demandant pour chacune ce qui est en arrière-fond », explique sa présidente Sylvie Bukhari de Pontual. En vue de faire « le choix de la solidarité internationale et de l’écologie intégrale ».

De fait, c’est en couplant engagements écologique et social que, selon le Centre de recherche et d’action sociales, le monde pourra faire face à « la récession violente imposée par la pandémie ». Faute de quoi, s’inquiète l’équipe du Ceras, « d’autres crises financières, climatiques, sociales et démocratiques, adviendront, pires encore ».

(1) Consultable sur le site de Radio France internationale.

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    19 septembre 2020 -- 9 h 30 min - 17 h 00 min
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