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Un géant de la non-violence

Ce portait de Ziad Medoukh est paru dans La Croix en date du 7 janvier 2020 sous la plume d’Anne-Bénédicte Hoffner

Ziad Medoukh Fondateur du Centre de la paix de Gaza Directeur du département de français de l’université de Gaza, ce Palestinien apprend aussi à ses étudiants les armes de la non-violence.

«Mes poèmes ne soulagent point nos peines, mais ma poésie défend la vie/Elle est elle-même une résistance!» Dès qu’il trouve un moment de calme, c’est en vers et en français que Ziad Medoukh s’échappe de Gaza, étroite bande de terre palestinienne, coincée entre la Méditerranée et les barbelés israéliens. « Je compose mes poèmes de Gaza, ma prison/Gaza est l’âme libre du poète/Gaza est le sourire brûlant des innocents/Gaza est l’étoile magique de l’espoir/Qui trouve dans la poésie l’échappatoire/Nécessaire à sa survie.»

Géant débonnaire aux sourcils broussailleux et à la vigoureuse poignée de main, Ziad Medoukh est l’homme des contraires, des associations improbables. Le titre de son dernier livre en témoigne : Être non-violent à Gaza (1). Directeur du département de français de l’université Al-Aqsa de Gaza, récompensé par plusieurs prix littéraires et même les Palmes académiques, il est un amoureux fou de la France et de la langue française qu’il a apprise en Algérie, en pleine décennie noire, auprès des Kabyles de Tizi Ouzou. Quelques années plus tard, un master en sciences du langage à Grenoble lui permit d’en parfaire la maîtrise, et, comme il l’avait déjà fait en Algérie, de parcourir l’Hexagone du nord au sud. «Je n’aime pas l’enfermement», résume-t-il.

Depuis, le français est pour lui «la langue de la paix et de l’espoir, la langue du témoignage et de la résistance». Son seul regret ? Ne pas avoir réussi à partager sa passion avec sa femme et ses cinq garçons, qui ont tous choisi d’apprendre l’anglais. «Ils ne me voient pas assez à la maison et ils pensent que c’est la France qui leur a pris leur père», confesse-t-il, mi-amusé mi-contrit.

Lorsqu’il parvient à décrocher un permis pour voyager, «tous les trois ou quatre ans environ», c’est vers Paris qu’il s’envole, non plus pour visiter ses monuments ou goûter sa cuisine, mais pour participer à des colloques, retrouver ses nombreux amis, cinéastes, écrivains ou journalistes, et toujours défendre sa deuxième passion : «la résistance non violente». Lui qui vit au quotidien l’injustice et la violence a créé en 2004, au sein de son université, le Centre de la paix. Parce qu’il sait que, pour être efficaces, «les artisans de la non-violence doivent s’insérer profondément dans la vie socio-économique locale», il emmène ses étudiants aider les agriculteurs pendant la récolte des fruits et légumes, donner un coup de main aux pêcheurs, et il les invite à s’impliquer dans un programme de soutien psychologique aux enfants traumatisés. Le Hamas n’apprécie guère la mixité de mise dans toutes les activités mais Ziad Medoukh tient bon. Mieux, il partage ses initiatives sur une chaîne YouTube : « Gaza la vie ». Dans une région où la religion est omniprésente, voire envahissante, il entretient avec elle un rapport de prudente distance. «Il y a trois questions que je ne pose jamais: l’origine, la religion et l’appartenance politique», raconte-t-il en riant, avant d’accepter de se livrer à ce sujet. «Je suis musulman, croyant et pratiquant, mais j’accepte l’autre. C’est la force de mon islam, celui que mon père m’a appris.»

Avec l’échec de la résistance armée, palestinienne, Ziad Medoukh veut croire que le contexte est porteur. Il en veut pour preuve la « grande marche du retour », mouvement lancé le 30 mars 2018 dans le cadre de la commémoration de la Nakba, l’exode palestinien de 1948 lors de la première guerre israélo-arabe. Chaque vendredi dans la bande de Gaza, de 10 à 15 000 habitants, parfois plus, se dirigent vers les « zones tampons » gardées par les soldats israéliens «non pas pour les affronter mais pour les défier, et exiger la levée du blocus», explique-t-il : ils s’y installent pour des pique-niques, agrémentés de concerts ou de danses.

« Le gouvernement israélien redoute la non-violence palestinienne, car elle pourrait lui faire perdre la prétendue légitimité de ses représailles violentes», assure-t-il, tout en déplorant le manque de soutien de l’Autorité palestinienne comme des « factions » qui dominent Gaza. «Contrairement à ce que beaucoup de gens croient, l’action non violente est un choix plus difficile que la violence», reconnaît-il.

Quant à lui, il semble imperturbable, un roc dans la tempête de violence et de désespérance. Il assure ne jamais pleurer «sauf parfois devant un film». « Ma force? Elle vient de l’intérieur, de la conviction que je suis à ma place là-bas. Même pour 1 million d’euros, je ne viendrais pas m’installer en France. Je ne vais pas laisser les jeunes affronter cette situation seuls.»

Son inspiration.

«La pierre est tombée de ma main»

La découverte de la non-violence a été instinctive pour Ziad Medoukh. Jeune homme, il a suivi ses camarades de classe partis «lancer des pierres sur les soldats israéliens qui se trouvaient dans ma ville et répondaient par des balles réelles»« Mais soudain, la pierre est tombée de ma main et j’ai commencé à réfléchir à d’autres moyens de résister contre les occupants de notre terre», raconte-t-il dans son livre. Après s’être documenté et avoir découvert les principes élaborés par Gandhi contre l’occupation britannique, Ziad Medoukh s’est promis de consacrer sa vie «à résister par l’éducation, la culture, la non-violence et le travail auprès des jeunes».

(1) Éd. Culture et Paix, 13 €.

 

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Agenda
30 septembre 2022

  • Collecte GDE/DERICHEBOURG équipe CCFD ELVEN
    30 septembre 2022 -- 8 h 00 min - 11 h 00 min
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1 octobre 2022
  • Stade Du Bel Air Auray, Rue du Moulin, 56400 Auray, France
    Collectes papier équipe CCFD Auray
    1 octobre 2022 -- 8 h 30 min - 11 h 30 min
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8 octobre 2022
12 octobre 2022
  • 12 Rue du Verger, 56860 Séné, France
    Chargement Benne DERICHEBOURG équipe CCFD de Séné le Poulfanc de Séné
    12 octobre 2022 -- 9 h 00 min - 11 h 00 min
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15 octobre 2022
  • Place Anne de Bretagne, 56500 Locminé, France
    Collecte "papiers" équipe CCFD de Locminé via DERICHEBOURG
    15 octobre 2022 -- 9 h 00 min - 12 h 00 min
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22 octobre 2022
  • ESPACE MONTCALM - Maison du Diocèse, 55 Rue Mgr Tréhiou, 56000 Vannes, France
    Assemblée Diocésaine du CCFD Morbihan salle 15
    22 octobre 2022 -- 14 h 00 min - 18 h 30 min
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28 octobre 2022
  • Vannes, 85 rue de Metz, Salle des Sports du Collège ND de Ménimur
    Braderie du livre - Collège ND de Ménimur
    28 octobre 2022 -- 9 h 00 min - 18 h 00 min
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29 octobre 2022
  • Vannes, 85 rue de Metz, Salle des Sports du Collège ND de Ménimur
    Braderie du livre - Collège ND de Ménimur
    29 octobre 2022 -- 9 h 00 min - 18 h 00 min
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30 octobre 2022
  • Vannes, 85 rue de Metz, Salle des Sports du Collège ND de Ménimur
    Braderie du livre - Collège ND de Ménimur
    30 octobre 2022 -- 9 h 00 min - 18 h 00 min
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31 octobre 2022
  • Vannes, 85 rue de Metz, Salle des Sports du Collège ND de Ménimur
    Braderie du livre - Collège ND de Ménimur
    31 octobre 2022 -- 9 h 00 min - 18 h 00 min
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